I · 1987 · JRPG

Final Fantasy

« Quatre Guerriers de la Lumière, quatre cristaux éteints »

Réalisation : Hironobu Sakaguchi OST : Nobuo Uematsu Plateformes : Famicom/NES, MSX2, WonderSwan Color, PlayStation, GBA, PSP, iOS, Android, PC, PS4, Switch Aussi écrit : FFI · FF1

Quatre jeunes gens surgis de nulle part se présentent au roi de Cornelia, chacun portant un cristal éteint. De la délivrance de la princesse Sarah à la traversée d'un continent, puis d'un océan, puis du temps lui-même, leur route les mène jusqu'à la source du mal — deux mille ans en arrière. Le jeu qui a sauvé Square de la faillite, et fondé la saga.

La création de l'équipe : quatre classes à choisir parmi six, et rien d'autre avant de partir
Les quatre Orbes ternies que portent les Guerriers de la Lumière au début du jeu

Présentation

Sorti sur Famicom le 18 décembre 1987, Final Fantasy naît dans une situation désespérée : Square, au bord du dépôt de bilan, laisse Hironobu Sakaguchi tenter une dernière carte. Le titre lui-même porte cette résignation — ce devait être la fin. Le jeu s'écoule à quatre cent mille exemplaires au Japon, sauve le studio, et fonde l'une des plus longues séries du jeu vidéo. Quarante ans plus tard, tout ce qui fait la saga est déjà là : les cristaux, les chocobos, les invocations d'Ifrit et de Shiva sous forme de sorts, un compositeur nommé Nobuo Uematsu, et un vaisseau volant.

L'histoire tient en une prophétie. Le monde se dérègle : la mer pourrit, la terre se stérilise, le vent tombe, le feu s'éteint. Quatre jeunes gens surgissent alors devant le château de Cornelia, chacun portant un cristal noirci — les Guerriers de la Lumière annoncés par le devin Lukahn. Leur première mission est presque modeste : délivrer la princesse Sara, enlevée par le chevalier renégat Garland. Elle les mène de proche en proche à traverser un continent, puis un océan, puis les airs — et finalement le temps lui-même, deux mille ans en arrière, jusqu'à la racine du mal.

Le système est d'une sobriété qui surprend aujourd'hui. Avant la première image, le jeu demande de composer son équipe : quatre héros choisis parmi six classes, et ce choix vaut pour toute la partie. Le Guerrier encaisse, le Moine frappe à mains nues et finit par surpasser les épées, le Voleur fuit et esquive, le Mage Blanc soigne, le Mage Noir détruit, le Mage Rouge fait tout à moitié. Il n'y a ni changement de classe en cours de route, ni personnage qui rejoint le groupe : l'équipe du premier écran est celle du dernier combat. À mi-parcours, la Promotion de classe accordée par Bahamut fait franchir un palier à chacun — le Guerrier devient Chevalier et accède à la magie blanche, le Voleur devient Ninja et apprend la magie noire.

La magie s'achète, elle ne s'apprend pas. Chaque sort occupe une place dans l'un des huit niveaux, et chaque personnage ne peut en retenir que trois par niveau — définitivement. On ne lance pas non plus un sort autant qu'on veut : le jeu compte des charges par niveau, à la manière des jeux de rôle sur table dont il s'inspire, et non un réservoir unique de points de magie. Choisir Soin plutôt que Zone, Feu plutôt que Glace, est un engagement pour des heures de jeu. Les rééditions modernes ont remplacé ce système par des PM classiques, mais l'esprit demeure : chaque emplacement compte.

Le monde, lui, s'ouvre par paliers, et chaque palier est un véhicule. À pied d'abord, autour de Cornelia. Puis le navire arraché aux pirates de Pravoka ouvre les mers côtières. Le canoë des Elfes donne accès aux rivières, le vaisseau volant exhumé du désert libère la carte entière, et le Robot Aérien du Lac du Croissant permet enfin de franchir les récifs. Quatre clés, quatre continents, quatre Monstres ÉlémentairesLich la terre, Marilith le feu, Kraken l'eau, Tiamat le vent — dont la défaite rallume un cristal chacun.

La bande-son d'Uematsu, écrite sur trois canaux sonores, contient déjà deux thèmes que la série n'a jamais abandonnés : le Prélude en arpèges cristallins qui ouvre presque tous les épisodes, et le Thème principal qui accompagne les premiers pas sur la carte du monde. Le jeu a été réédité sans relâche — WonderSwan Color, PlayStation, Game Boy Advance, PSP, mobiles, puis Pixel Remaster en 2021 — chaque version rééquilibrant la difficulté et ajoutant des donjons de complément. Ce dossier couvre l'aventure commune à toutes, en signalant ce qui appartient à une édition précise.

La scène du pont-levis, première mise en scène de l'histoire de la série
Un combat vu de côté : la mise en scène que Final Fantasy a imposée au genre

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