VI · 1994 · JRPG

Final Fantasy VI

« Une jeune femme en armure magitech, un bouffon au pouvoir, et un monde qu’on voit tomber »

Réalisation : Yoshinori Kitase, Hiroyuki Ito OST : Nobuo Uematsu Plateformes : Super Famicom, PlayStation, Game Boy Advance, iOS, Android, PC, PS4, Switch Aussi écrit : FFVI · FF6 · Final Fantasy 6

Mille ans après la guerre qui a vidé le monde de sa magie, un empire a appris à la tirer des chimères. Terra, soldate sans souvenirs capable de lancer des sorts, est envoyée dans la ville minière de Narshe pour y récupérer une chimère prise dans la glace, et c’est là que tout bascule. Quatorze personnages jouables, un opéra, et un bouffon impérial, Kefka, qui ne s’arrêtera pas à la conquête.

Trois armures magitech marchent dans la neige vers les lumières de Narshe, au pied des montagnes — l’ouverture du jeu, version Pixel Remaster
Le Blackjack, l’aéronef de Setzer : un ballon riveté, sa nacelle de bois et ses hélices, illustration officielle
Des ruines couleur sépia sous des traits de feu magique : la guerre des Magi, version Pixel Remaster

Présentation

Final Fantasy VI sort au Japon le 2 avril 1994 sur Super Famicom, puis le 20 octobre 1994 en Amérique du Nord sous le titre Final Fantasy III : Final Fantasy II, III et V n’ayant pas quitté le Japon et Final Fantasy IV étant paru là-bas sous le nom de Final Fantasy II, l’éditeur renumérote l’épisode pour son public. C’est le dernier épisode principal en deux dimensions, et le deuxième, après Final Fantasy II, dont l’histoire ne tourne pas autour des cristaux.

Yoshinori Kitase et Hiroyuki Itō en assurent ensemble la réalisation, prenant le relais d’Hironobu Sakaguchi, qui a posé la trame de départ — une guerre contre un empire — et veillé à la cohérence de l’ensemble. C’est la première réalisation de Kitase sur la série : chargé des scènes, il relie entre eux les épisodes imaginés par les membres de l’équipe, tandis qu’Itō supervise les combats. Nobuo Uematsu compose la musique, Yoshitaka Amano signe le design des personnages, que Kazuko Shibuya transpose en sprites ; Shibuya et Tetsuya Nomura dirigent les graphismes. La production dure environ un an avec une équipe de cinquante à soixante personnes.

Un épisode sans héros unique

L’idée de départ était que chaque personnage soit le héros de l’histoire : chacun reçoit son propre épisode, et plusieurs membres de l’équipe en ont écrit — Sakaguchi a marqué Locke et Terra, Nomura a imaginé Shadow et Setzer, Kaori Tanaka a proposé des idées pour Edgar et Sabin, Kitase s’est consacré à Celes et à Gau. Kitase a reconnu après coup que l’équilibre lui avait un peu échappé : Celes et Kefka ont pris plus de place que prévu. Le monde en ruines de la seconde moitié n’était pas prévu non plus : c’est parce que le développement avançait mieux qu’attendu que l’équipe a eu le temps de le créer.

Ce que cet épisode change

Le jeu compte quatorze personnages jouables, la plus grande distribution de la série, et reprend l’Active Time Battle. L’équipe compte jusqu’à quatre membres, que l’on peut changer presque à tout moment, et certains donjons obligent à former deux ou trois groupes qui progressent de concert. Chaque personnage a sa commande propre — Transe pour Terra, Voler pour Locke, Machines pour Edgar, Jujitsu pour Sabin… — et une attaque désespérée qui se déclenche parfois quand ses PV sont au plus bas.

La magie passe par les chimères, des créatures légendaires qui, en disparaissant, laissent un cristal : le magilithe. Un personnage qui en équipe un apprend peu à peu ses sorts en accumulant des points d’apprentissage après les combats ; certains magilithes augmentent aussi une caractéristique à chaque niveau gagné, et chacun permet d’invoquer sa chimère une fois par combat. Terra et Celes sont les seules à apprendre des sorts d’elles-mêmes. Les accessoires apportent des capacités que les chimères n’enseignent pas.

Deux mondes

L’aventure se déroule d’abord dans le Monde de la Balance, un monde en pleine révolution industrielle où la magie n’est plus qu’une légende, puis dans le Monde en Ruines. Contrairement à Final Fantasy IV et V, la carte du monde y est affichée en perspective, grâce au Mode 7 de la Super Famicom. L’onglet Carte présente les deux mondes.

Le début de l’histoire

Mille ans après la guerre des Magi, la magie a disparu du monde. L’Empire de Gestahl a pourtant retrouvé le chemin des chimères, et il puise leur pouvoir pour alimenter ses armes magitech et soumettre le monde. Quand une chimère est découverte gelée dans la mine de Narshe, une cité minière restée neutre, l’Empire y envoie deux soldats et une jeune femme capable d’user de la magie, dont un diadème contrôle la volonté. La chimère réagit à sa présence : les soldats périssent, et la jeune femme se réveille chez un habitant de la ville, Arvis, sans autre souvenir que son nom, Terra. La garde de Narshe la cherche déjà ; il faut fuir par les mines.

Ce que ce dossier couvre

Les lieux suivent l’ordre de l’aventure, du Monde de la Balance au Monde en Ruines : 65 fiches, dont les deux donjons ajoutés par la version GBA. L’onglet des personnages présente les quatorze jouables et 26 autres figures de l’histoire. L’onglet des chimères en décrit 31, la bande-son reprend les 61 pistes de l’album d’origine, et l’onglet des succès les 37 succès du Pixel Remaster.

Sur la nomenclature. Les noms français suivent la traduction officielle du Pixel Remaster quand elle est attestée, sinon celle de la version GBA, la première à proposer le français ; quand aucune forme française n’est attestée, le nom d’origine est conservé plutôt qu’inventé, et la fiche le signale.

Où y jouer aujourd’hui

PlayStation : le 11 mars 1999 au Japon, le 5 octobre 1999 en Amérique du Nord dans la compilation Final Fantasy Anthology (avec Final Fantasy V), et le 27 février 2002 en Europe, première sortie officielle en territoire PAL ; cette version ajoute des cinématiques, un bestiaire et une galerie d’illustrations. Game Boy Advance : Final Fantasy VI Advance, le 30 novembre 2006 au Japon, le 5 février 2007 en Amérique du Nord et le 29 juin 2007 en Europe, avec une nouvelle traduction anglaise, deux donjons inédits (l’Antre des dragons et le Temple des âmes), un nouveau boss secret et de nouvelles chimères ; l’édition européenne propose cinq langues, dont le français — c’est la première version officielle française. Mobile (Android le 15 janvier 2014, iOS le 6 février 2014) puis PC via Steam (16 décembre 2015) : graphismes redessinés, contenu de la version GBA ; ces éditions sont retirées de la vente le 28 juillet 2021. Le Pixel Remaster sort le 23 février 2022 sur PC et mobiles, puis le 19 avril 2023 sur PS4 et Switch : il abandonne la plupart des ajouts faits depuis la version GBA, garde sa traduction retouchée et apporte une bande-son réorchestrée par Nobuo Uematsu, dont un opéra entièrement chanté dans sept des douze langues proposées. Ce dossier précise la version dès que les chiffres diffèrent.

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