

Présentation
Final Fantasy III sort sur Famicom le 27 avril 1990, au Japon seulement. Pendant seize ans, aucune version n’en sort ailleurs : il faut attendre le remake sur Nintendo DS, publié en Amérique du Nord le 14 novembre 2006 et en Europe le 4 mai 2007. En Amérique du Nord, le titre « Final Fantasy III » a même longtemps désigné un autre jeu : Final Fantasy VI, sorti sous ce nom.
Ce qui s’y jouait allait pourtant devenir l’une des mécaniques les plus reprises de la saga : Final Fantasy III introduit le changement de métier. Le premier Final Fantasy fixait la classe de chaque personnage au départ ; le deuxième supprimait les classes et faisait progresser les caractéristiques à l’usage. Le troisième laisse chaque personnage changer de métier quand il veut, parmi ceux qu’il a déjà débloqués. Le remake 3D en compte vingt-trois — soit 14 950 compositions de groupe possibles —, la version d’origine vingt-deux. Final Fantasy V, Tactics, XI et XIV reprendront le principe, devenu un pilier de la série.
L’histoire
Un tremblement de terre ouvre l’accès à une grotte près du village d’Ur. Quatre orphelins recueillis par l’ancien du village, Topapa, l’explorent et trouvent le Cristal du Vent, qui leur confie une part de son pouvoir, leurs premiers métiers, et une mission : rétablir l’équilibre du monde. Dans le remake 3D, seul Luneth tombe dans la grotte, et c’est à lui de retrouver les trois autres.
Cet équilibre a déjà basculé une fois. Des siècles plus tôt, les Anciens avaient bâti une civilisation avancée sur la puissance des Cristaux de Lumière, et déclenché un déluge de lumière. Quatre Guerriers des Ténèbres furent désignés pour rétablir la balance, et la civilisation des Anciens tomba en ruine. Les Gulgans, devins aveugles, annoncent que l’histoire se répétera dans l’autre sens : quatre Guerriers de la Lumière devront arrêter un déluge de ténèbres.
À l’origine du dérèglement, un homme : Xande, élève du grand mage Noah. Son maître lui a fait un cadeau qu’il a pris pour une condamnation — la mortalité. Terrifié à l’idée de mourir, il a vidé les Cristaux de leur puissance pour arrêter le temps. Derrière lui se tient pourtant une menace bien plus grande : le Nuage des Ténèbres, qui veut réduire le monde au néant.
Le système de combat
Les points d’expérience, absents du deuxième épisode, reviennent. Chaque métier a de plus son propre niveau, qui monte en combattant sous ce métier. Changer de métier n’a pas le même prix selon la version : des points de capacité sur Famicom, avec un niveau minimal pour les métiers des derniers Cristaux ; une période d’adaptation de quelques combats dans le remake 3D ; rien en Pixel Remaster.
Le jeu apporte aussi la visée automatique, une première dans la série : dans Final Fantasy et Final Fantasy II, un personnage qui visait un ennemi déjà mort frappait dans le vide ; ici, le coup se reporte sur une cible valide. Plusieurs éléments y apparaissent pour la première fois : les invocations, les Mogs, le Gros Chocobo, et des commandes de combat propres à chaque métier, comme le Vol ou le Saut.
Les versions
Trois familles de versions coexistent, et elles ne se valent pas :
- Famicom (1990) — l’originale, en 2D, jamais sortie hors du Japon. Les métiers des Cristaux du Feu, de l’Eau et de la Terre y exigent un niveau minimal, et deux métiers — le Sage et le Ninja — ne s’obtiennent qu’à la Terre Interdite d’Eureka.
- Remake 3D (Nintendo DS, 2006) — développé par Matrix Software. Il réécrit le jeu en trois dimensions, donne un nom, un visage et un caractère aux quatre héros (Luneth, Arc, Refia, Ingus), ajoute l’Autodidacte, le réseau de courrier des Mogs et un donjon secret, et rend les ennemis plus robustes. Porté ensuite sur iOS, Android, PSP, Windows (Steam), Ouya et Windows Phone.
- Pixel Remaster (2021 sur PC et mobile, 2023 sur PS4 et Switch) — retour à la 2D d’origine, avec des graphismes refaits, une bande-son réorchestrée sous la supervision de Nobuo Uematsu et une traduction en douze langues, dont le français. Les quatre héros y redeviennent anonymes ; le Sage et le Ninja s’obtiennent de nouveau à Eureka, mais le changement de métier ne coûte plus rien.
Ce dossier suit les trois versions : quand une statistique, un objet ou un métier diffère d’une édition à l’autre, la fiche le dit au lieu de choisir pour vous. Les chiffres du bestiaire sont ceux du remake 3D ; ceux de la version Famicom sont donnés dans chaque fiche.
La musique
Nobuo Uematsu signe une bande-son qui invente elle aussi quelque chose : Aria Benett est le premier personnage de la série à recevoir son propre thème musical, Elia, la Vierge de l’Eau. On y trouve aussi le thème de la carte du monde, Le Vent éternel, et celui de la Tour de Cristal.


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