L'information a filtré début septembre : Square Enix étudierait la possibilité de sortir de la Bourse, avec des fonds d'investissement étrangers intéressés. La rumeur a suffi à faire grimper l'action de sept à douze pour cent à la Bourse de Tokyo dans la journée.
L'éditeur a répondu le jour même. Sa déclaration rappelle d'abord que l'information n'émane pas de l'entreprise, puis coupe court : aucune réflexion sur un retrait de la cote n'est actuellement menée en interne. Formulation classique, mais nette.

D'où vient la rumeur
Une piste revient avec insistance : 3D Investment Partners, actionnaire majeur avec environ 18,5 % du capital, pourrait avoir alimenté la spéculation. Le fonds a déjà critiqué publiquement le plan de gestion de Square Enix et demandé au conseil d'administration de revoir sa stratégie. Un actionnaire mécontent de cette taille suffit à faire naître ce genre d'hypothèse, sans qu'elle repose sur un projet réel.
Le contexte n'aide pas. L'éditeur a enchaîné les plans sociaux ces quatre dernières années, tout en réorganisant ses structures. Il a cédé ses studios occidentaux — Crystal Dynamics, Eidos Montréal et Square Enix Montréal — à Embracer Group en 2022. Trois ans plus tard, plus d'une centaine de postes ont été supprimés aux États-Unis et au Royaume-Uni, l'édition et le développement étant recentrés sur le Japon.

Pourquoi ça compte pour la saga
Un retrait de la cote n'a rien d'anodin. L'acquéreur doit racheter l'ensemble des actions, prime comprise. Le rachat d'Electronic Arts par le fonds souverain saoudien a montré la suite possible : un éditeur sorti du marché, chargé de milliards de dette, avec des années pour l'absorber et des arbitrages stratégiques inévitables. Appliqué au propriétaire de Final Fantasy, de Dragon Quest et de Kingdom Hearts, le scénario mérite qu'on y regarde.



À ce stade, il n'y a rien de tangible. Un article, un démenti, une action qui monte. Rien de plus, tant que Square Enix ne dit pas autre chose.